Mission 2016 au Burkina

Mission 2016-Burkina Faso

 

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Témoignages des accompagnants à la mission

Témoignage de Sylvie

Une histoire de coeur.

 

Tout commence par l'amour d'un continent qui m'attirait, enfant, tel un aimant.

Le hasard des rencontres il y a peu m'a donné la chance de connaître Afrique au Coeur et l'idée de partir à la rencontre du peuple burkinabè a germé très vite.

Tout s'est alors mis en place et un départ bien organisé a vu le jour malgré des conditions un peu difficiles (entre autres l’attentat terroriste à Ouagadougou fin janvier)

Et puis ensuite...le choc des cultures, l'explosion des couleurs, l'assaut des odeurs, la nouvelle définition du temps qui s'égrène, les réponses savoureuses à nos questions de Blancs, la culpabilité face aux injustices si flagrantes, la relativité des besoins de l'être humain, la question du bonheur tellement au centre de nos préoccupations d'Européens, la question de l'entregent, de l'opportunité de l'aide, du respect des usages, des croyances,... et je passe tout ce qui se bouscule encore dans ma tête.

Mais face à toutes ces remises en question, une seule chose est sûre: je me sens riche d'une expérience qui ne se partage pas en la racontant mais juste en la vivant.

Une expérience qui transporte, qui transforme et qui fait battre le coeur intensément...

Merci Afrique au Cœur !

 

Sylvie Lassoie

 

Témoignage d'Olivier

Un mois que nous sommes rentrés. Je défriche petit à petit mes images. Beaucoup de douceur dans les couleurs, beaucoup de visages. En moi, aussi.

 

Il y a d'une part le regard posé sur le travail fait grâce au soutien d'Afrique au Cœur. La mission, le témoignage. Le travail était parfois magistral, parfois décevant. Mais avant tout il donnait le sentiment d'avancer. C'est important. Pour nous, et je pense surtout pour eux, d'avoir le sentiment d'avancer.

 

D'autre part, ce que j'ai vu m'a souvent interpellé. Interloqué. Parfois blessé.

Les orpailleurs, le travail des femmes, la saleté, la pauvreté, la détresse, l'abandon.

Je pense, aujourd'hui, que mon regard d'occidental n'était pas prêt. J'ai toujours une boule dans le ventre.

Peut-être est-ce dû au désœuvrement devant l'ampleur de la situation ; devant ce que mon esprit qualifie de désastre. Peut-être est-ce la tristesse de ce sentiment de n'avoir été qu'un blanc, un rôle, pourvoyeur d'argent avant tout. Peut-être est-ce la gêne d'être remercié pour un don auquel je n'ai pas personnellement contribué. Peut-être enfin la honte en moi : la pensée que ce qui était amené n'était qu'un baume sur la plaie béante de l'exploitation de ce continent par nos sociétés et nations post-colonialistes.

Sans doute est-ce tout cela ensemble...

 

Il me reste des sourires par centaines et des mains serrées, chaleureuses. Et la certitude d'avoir été le témoin d'une œuvre juste qui, petit à petit, ici et là, rend meilleur le quotidien de ces gens, là-bas.

Continuez !

Olivier Cornil

Témoignage de Dominique

Pas facile de partir au Burkina dix jours après les attentats du 15 janvier. Si ma décision a été prise sans trop d’hésitation, il a fallu quelques jours sur place pour que l’appréhension se dissipe totalement. Elle se noie aujourd’hui dans la foule de sentiments et d’impressions que j’ai ressentis et qui m’habitent encore un mois après notre retour.

Parmi ceux-ci, la tristesse de constater que, huit ans après mon premier séjour, la vie reste aussi, voire plus, difficile pour les Burkinabé. La pauvreté est omniprésente, amplifiée encore par le climat d’insécurité qui se propage dans la région et fait fuir les étrangers.

Vient ensuite la déception de voir que le paysage (urbain) a si peu évolué. La gestion des immondices est toujours aussi problématique, en tout cas dans les lieux où nous avons séjourné. Les déchets sont partout, les lambeaux de sacs en plastique noirs continuent à virevolter dans tous les sens.

À cela s’est ajouté par moments un sentiment d’impuissance teinté d’un peu de mauvaise conscience à être là en simple spectatrice.

J’en finirai là avec le négatif. Ce qui a réellement dominé mon voyage et en a fait une magnifique expérience, ce sont les contacts et rencontres qui l’ont émaillé, cette plongée au cœur même de la vie des gens les plus simples. C’est aussi l’admiration que m’ont inspirée la solidarité et la tolérance des Burkinabé par-delà les ethnies et les religions ainsi que leur volonté de se battre tous ensemble pour stabiliser le nouveau régime et en finir avec le passé.

Au chapitre des anecdotes, j’ai fait une fixation sur les mains. Nous en avons serré des centaines. Des mains énergiques comme celles de notre ange gardien Suleyman, des mains calleuses de paysans, des petites mains crasseuses d’enfants qui viennent voir les blancs… Parfois, le salut s’accompagnait d’une révérence, comme on n’en trouve plus chez nous. D’un sourire qui ne demande qu’à s’élargir, d’une pointe d’humour, vanne ou plaisanterie, et puis du rire qui fuse, sonore et communicatif.

Quelques personnes m’ont particulièrement marquée : Ousmane, le batikier aux abois, capable de me faire passer en une seconde de la vraie compassion à l’authentique exaspération ; la jeune Claire qui entreprend une longue route le dimanche, son seul jour de congé hebdomadaire, pour aller voir sa petite fille … et faire la lessive de toute la famille ; la fille de Zoénabo, le fils de Barka … ces étudiants brillants qui travaillent sans ordinateur ni bibliothèque universitaire pour elle, dans une chambre sans électricité pour lui ; notre adorable garçon de chambre, arbitre et lavandier qui a décidé de s’en sortir et se donne un mal de chien pour y parvenir. Et tant d’autres …

Et puis, il y a les cadeaux : des tonnes d’arachides et des coqs à foison, que nous aurions volontiers laissés à leurs propriétaires (surtout Sylvie, très émue par leur sort !) si nous n’avions pas craint de blesser nos hôtes. Ou encore, cet arbre planté avec un peu de stress … mais le cœur y était !

Envie de repartir, mais plus comme touriste ou comme spectatrice. Mettre efficacement les mains dans le cambouis, comme l’a fait Marie. Où, quand et comment … il va falloir y penser activement.

 

Dominique Morue